La foule, recueillie, écoute les paroles déversées par les haut-parleurs, les paroles d’un cardinal, de poètes, d’ouvriers et de dirigeants de Solidarno¶æ. Tout le monde est là, il y a des jeunes, des scouts, de vieilles femmes en deuil, des ouvriers et des employés de bureau.
Ils se souviennent de juin 1956, ils ne veulent pas l’oublier. Mais ils veulent aussi entendre dire que personne n’est menacé maintenant, qu’ils vont pouvoir dire tout haut ce qu’ils pensent, et que plus personne ne les trompera. […]
La ville retrouve sa dignité. Les gens lisent enfin la vérité, regardent des expositions de photos, ils entendent parler de coupables et de victimes. Et ils savent, ils savent très bien, que le fait qu’ils puissent s’exprimer et donner leur avis en public est la meilleure garantie pour l’avenir. C’est le meilleur barrage contre la répétition d’une telle tragédie. […]
Tout Poznañ sait que les fleurs déposées sous le monument, les plaques apposées ou encore les nouveaux noms de rues sont le symbole de l’hommage et de la foi de tous les Polonais. La vérité constitue notre dignité et notre chance pour le futur.